Alternance & Carrière dans le Tourisme
Le gouvernement français prévoit de réduire les aides à l’embauche des apprentis dans le cadre de son nouveau budget, laissant les entreprises dans l’incertitude. Cette décision pourrait avoir des répercussions importantes sur le marché de l’emploi, notamment en ce qui concerne les jeunes. En effet, depuis plusieurs années, les aides à l’apprentissage ont joué un rôle clé dans la réduction du chômage chez les 15-24 ans, mais ces mesures pourraient être revues à la baisse.
Selon les documents budgétaires transmis aux parlementaires, le ministère du Travail sera particulièrement touché par les coupes budgétaires prévues pour 2025. Parmi les secteurs les plus impactés, on retrouve l’alternance. Le dispositif a coûté près de 17 milliards d’euros en 2024 selon la Cour des comptes, ce qui a poussé le gouvernement à revoir ses priorités.
Aujourd’hui, un employeur qui recrute un apprenti peut recevoir jusqu’à 6 000 euros d’aide pour la première année de contrat. Cependant, cette aide, destinée aux jeunes de moins de 30 ans, pourrait être réduite de manière significative. De plus, les premières coupes concernent les apprentis de niveau licence ou master, ce qui représenterait une réduction budgétaire de 550 millions d’euros d’ici 2025.
Les entreprises, qui ont largement bénéficié de ces aides, devront trouver des solutions alternatives si celles-ci sont supprimées. Céline Morinière Lambert, directrice adjointe des ressources humaines du groupe Ingérop, qui emploie chaque année près de 100 alternants, explique que cette réduction pourrait les forcer à revoir leurs stratégies de recrutement.
Si les aides à l’apprentissage disparaissent, certaines entreprises envisagent déjà de remplacer leurs apprentis par des stagiaires, moins coûteux à former. Ainsi, des structures pourraient réduire le nombre d’apprentis qu’elles embauchent, impactant directement l’insertion professionnelle des jeunes dans certains secteurs.
Les défenseurs de l’apprentissage insistent sur l’importance de ce dispositif pour l’emploi des jeunes. Selon Eric Chevée, vice-président de la CPME (Confédération des petites et moyennes entreprises), l’alternance a été l’un des rares leviers publics qui a eu un effet massif sur l’emploi des 15-24 ans. Depuis 2020, le taux d’emploi des jeunes a augmenté de 10 points, grâce notamment à l’alternance.
Bien que l’alternance représente un coût élevé pour l’État, ses résultats sur l’emploi des jeunes sont indéniables. Selon Chevée, il s’agit de l’une des seules politiques publiques à avoir eu un impact aussi fort en 40 ans. Les économistes peuvent évoquer l’effet d’aubaine, mais les faits montrent que l’alternance a permis de réduire le chômage chez les jeunes de manière significative.
Malgré les coupes budgétaires à venir, le gouvernement vise toujours l’objectif d’atteindre un million de nouveaux contrats d’apprentissage par an d’ici 2027. Cependant, sans ces aides, les entreprises pourraient être réticentes à recruter des apprentis, ce qui risquerait de freiner cet objectif.
Les entreprises devront probablement repenser leurs stratégies de recrutement pour continuer à embaucher des jeunes en alternance. Certaines pourraient se tourner vers des partenariats avec des écoles, tandis que d’autres envisageront d’intégrer davantage de stagiaires pour compenser la baisse des recrutements d’apprentis. Ainsi, le marché de l’emploi pourrait connaître une transformation dans les prochaines années.
En résumé, la réduction des aides à l’apprentissage pourrait bouleverser le marché du travail et forcer les entreprises à réviser leurs politiques de recrutement. D’une part, les apprentis risquent de se retrouver remplacés par des stagiaires. D’autre part, les entreprises devront s’adapter pour maintenir leur capacité à former des jeunes tout en contrôlant leurs coûts. Par conséquent, il est crucial de suivre de près l’évolution de ces mesures et d’envisager des solutions pour préserver les avantages de l’alternance, tant pour les jeunes que pour les employeurs.